Le bassin méditerranéen abrite des systèmes volcaniques complexes et dynamiques.
L'hiver 2018 a marqué les esprits avec une succession d'événements géologiques majeurs sur l'Etna et une intensification de l'activité sur d'autres volcans italiens.
Voici une rétrospective détaillée pour comprendre la puissance de tels phénomènes.
La crise sismique et éruptive de l'Etna (décembre 2018)
7 décembre 2018 : les prémices au sommet
Après une éruption modeste en août 2018, l'Etna n'a jamais totalement dormi.
L'activité strombolienne s'est intensifiée progressivement dans le nouveau cratère sud-est.
Les explosions, survenant toutes les 15 à 20 minutes, ont formé un cône modeste.
Une petite coulée de lave s'est formée très lentement vers la Valle del Bove.
Trois des quatre cratères sommitaux (Bocca Nuova, Nord-Est et Sud-Est) montraient simultanément des signes de réveil, rappelant la longue période d'activité continue observée à la fin des années 1990.
24 décembre 2018 : l'éruption latérale de Noël
Le matin du 24 décembre, une éruption latérale majeure a débuté, caractérisée par l'intrusion d'un dyke magmatique sur le flanc oriental.
Les réseaux de l'INGV ont enregistré plus de 300 séismes en trois heures.
- Ouverture de failles : Une fissure éruptive de 2 km s'est ouverte vers 12 h 00, s'étendant de la base du Nouveau Cratère Sud-Est jusqu'au flanc ouest de la Valle del Bove (2400 mètres d'altitude).
- Coulées de lave : Les coulées ont traversé le mur ouest de la vallée pour atteindre le fond à 1650 mètres d'altitude.
- Panache de cendres : L'activité a généré un panache épais poussé par le vent, entraînant des retombées de cendres sur Zafferana Etnea et Santa Venerina.
26 décembre 2018 : le séisme de magnitude 4,8
L'accumulation d'énergie a culminé avec un tremblement de terre ressenti à 3h19 sur le flanc est du volcan.
L’hypocentre se situait à 1 km de profondeur et l'épicentre à 2 km des villes de Viagrande et Trecastagni.
- Bilan matériel : Des effondrements de murs, de maisons et d'églises ont touché le village de Fleri (fraction de Zafferana Etnea).
- Mesures de sécurité : L'autoroute A18 Catane-Messine a subi une fermeture préventive en raison de déformations sur la chaussée près d’Acireale.
- Intervention : La Protection civile a déployé des équipes pour vérifier la viabilité des bâtiments et assister la population.
L'activité éruptive a fini par s'apaiser.
En période de calme relatif ou de forte sismicité localisée, les alternatives les plus sûres pour explorer la montagne restent l'excursion du côté nord ou la randonnée au crépuscule.
Stromboli et Marsili : les autres géants sous surveillance
Le Stromboli en alerte jaune
La reprise éruptive de l'Etna a coïncidé avec une intensification du dynamisme du Stromboli.
L'augmentation de son activité a poussé le département de la Protection civile à rehausser le niveau d'alerte, passant du vert (activité ordinaire) au jaune.
Le volcan sous-marin Marsili : une menace silencieuse
Moins connu que ses voisins terrestres, le Marsili représente le plus grand volcan actif d'Europe.
Situé dans les eaux tyrrhéniennes au nord du Stromboli, le géant sous-marin mesure 70 km de long, 30 km de large et 3000 mètres de haut.
Son sommet repose à 450 mètres sous la surface de l'eau.
L'INGV surveille attentivement le Marsili, car une intensification de son activité ou l'effondrement de son édifice volcanique pourrait générer un tsunami.
Des vagues de 8 à 10 mètres pourraient atteindre les îles Éoliennes, la Sicile et les côtes italiennes en 20 à 60 minutes.
L'édifice reste un colosse caché requérant une surveillance constante.