Après une période d'activité plutôt calme et régulière, l'Etna nous a une fois de plus surpris en offrant un spectacle extraordinaire le soir du 1ᵉʳ décembre 2023. Que s'est-il passé exactement et comment le volcan nous a-t-il prévenus ?
La spectaculaire éruption du 1ᵉʳ décembre 2023
Ce soir-là, un nouveau "paroxysme" (une éruption très intense et brève), le premier depuis la mi-novembre, a illuminé le ciel sicilien. Vers 18 heures, une gigantesque fontaine de lave a jailli du sommet. Le spectacle a duré environ trois heures, créant deux coulées de lave (vers le sud-sud-ouest et le sud-est).
Pendant ce temps, le vent a poussé un nuage de cendres et de lapilli vers le nord-est, recouvrant légèrement les villes de Fiumefreddo di Sicilia et de Giardini Naxos.
Les signaux du volcan : la métaphore de la cocotte-minute
Au-delà de l'émerveillement, comment les scientifiques de l'INGV ont-ils analysé cet événement ? Les semaines précédentes, l'Etna fonctionnait avec une régularité fascinante. La pression des gaz s'accumulait puis se libérait de manière très constante.
Imagine une cocotte-minute parfaitement réglée : la source de chaleur (le magma) apporte l'énergie, l'eau qui s'évapore représente les gaz volcaniques, et la soupape de sécurité est le sommet du cratère qui relâche doucement la pression.
Tout fonctionnait ainsi jusqu'à l'après-midi du 1er décembre, où ce bel équilibre s'est soudainement rompu.
Quand le trémor volcanique s'emballe
Depuis le 19 novembre, le volcan avait produit plus de 250 petites éruptions (activité strombolienne), séparées par des moments de calme plat. À 16h45, après une énième petite explosion, tout s'arrête.
Habituellement, à ce moment-là, le trémor volcanique (la vibration continue produite par le magma qui bouge sous terre) diminue. C'est ce qu'il a fait... avant de remonter brusquement et en flèche !
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Le réveil explosif de 16h53
À partir de 16h53, l'activité reprend, mais cette fois, elle ne s'arrête plus. Elle s'intensifie minute après minute pour se transformer, vers 18 heures, en une immense fontaine de lave dont la puissance a battu tous les records des semaines précédentes.
Ce qui est fascinant, c'est la façon dont tous les instruments des scientifiques ont réagi en même temps :
- Les sismographes ont vibré plus fort à cause du gaz qui remontait.
- Les radars ont détecté une augmentation massive de la matière projetée en l'air.
- Les capteurs acoustiques ont enregistré le bruit assourdissant des explosions.
Comment écouter un volcan avec ses "5 sens" ?
Pour bien comprendre l'Etna, l'approche scientifique ressemble beaucoup à la façon dont un être humain utilise ses sens pour analyser son environnement. Grâce à la technologie, les chercheurs disposent :
- Du toucher : des capteurs très sensibles qui ressentent la moindre vibration (le trémor).
- De l'ouïe : des micros qui captent les infrasons du volcan, inaudibles pour l'homme.
- De la vue : des radars capables de percer les nuages pour voir les cendres.
- De l'odorat : des détecteurs qui mesurent les gaz (comme le soufre) émis dans l'air à des kilomètres de distance.
Tous ces "sens" technologiques envoient leurs données aux ordinateurs de l'INGV (le "cerveau"), qui les croise et les interprète pour nous permettre de comprendre les humeurs du géant sicilien.
Source : Résumé et traduction simplifiée de l'article de l'INGV rédigé par Alessandro Bonforte, Boris Behncke et Giuseppe Salerno. Lire l’article complet en italien.