Filtrer par
21/07/2026

L’été 2026 restera dans les mémoires comme une période particulièrement intense pour le géant de la Sicile.

Entre la fin juin et le début du mois de juillet, le volcan Etna s’est réveillé avec une force spectaculaire, offrant un double spectacle naturel : des fleuves de lave s'écoulant paisiblement, suivis d'explosions projetant des colonnes de cendres à plusieurs kilomètres d'altitude.

 

1. Les prémices et la phase effusive (22 juin > 4 juillet 2026)

Tout a commencé le 22 juin 2026, lorsque des réseaux de fractures ont commencé à se développer discrètement à la base nord-orientale du cratère Voragine.

Cette fracturation du sol, signe de la pression du magma en profondeur, a finalement percé la surface le 26 juin vers midi.

Définition : une bouche effusive est une ouverture dans la croûte terrestre d'où la lave s'écoule paisiblement (sans forte explosion), formant des rivières de roches en fusion.

Une bouche effusive s'est ouverte à une altitude élevée d'environ 3030 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Dans les premiers jours, cette ouverture a alimenté un champ de lave relativement simple.

Les fronts de ces coulées (les extrémités avancées) ont rapidement atteint une altitude comprise entre 2700 et 2750 mètres.

 

Complexification du champ de lave

Au fil des jours, le comportement du volcan a changé.

Les observations menées le 2 juillet ont révélé un champ de lave devenu très complexe.

Au lieu d'une simple rivière, la lave s'écoulait désormais en se superposant, créant un vaste réseau.

Le magma, en refroidissant en surface mais en restant liquide à l'intérieur, a formé des tunnels de lave.

La pression dans ces tunnels a conduit à la formation de multiples bouches éphémères (de petites ouvertures secondaires temporaires) d'où s'échappaient de petites coulées.

Parallèlement, une petite émission secondaire s'est activée plus haut, vers 3200 mètres, mais elle n'a parcouru que 150 mètres avant de s'arrêter.

L'activité effusive de cette bouche principale a finalement cessé le 4 juillet 2026.

À ce stade, le bilan volumétrique dressé par les experts était impressionnant :

  • Surface recouverte : 87000 m²
  • Longueur maximale : 1,2 km
  • Volume de magma émis : 260000 m³

Le point le plus bas atteint par le front de lave a été enregistré à 2605 mètres d'altitude.

 

2. La transition vers l'activité explosive

Pendant que la lave s'écoulait, la dynamique interne du volcan changeait.

Dès les premiers jours de juillet, le cratère Voragine a commencé à alimenter une activité strombolienne discontinue depuis une ouverture située sur son versant oriental.

L'activité Strombolienne : C'est un type d'éruption caractérisé par des explosions rythmiques qui projettent des bombes de lave incandescentes, des scories et des cendres à quelques dizaines ou centaines de mètres de haut.

Les réseaux de surveillance ont enregistré une augmentation lente mais constante du trémor volcanique (les vibrations continues générées par le magma qui remonte violemment dans les conduits internes), localisé précisément sous le cratère Voragine.

 

3. Le paroxysme du 5 juillet

Le point d'orgue de l'éruption s'est produit le dimanche 5 juillet 2026.

L'activité explosive, jusqu'alors intermittente, est devenue continue.

Une toute nouvelle fissure éruptive s'est déchirée depuis le sommet de la Voragine, s'étirant vers le cratère Nord-Est.

Le long de cette large fracture, de nombreuses bouches explosaient simultanément.

Elles ont généré un énorme panache volcanique de cendres très sombres qui s'est élevé jusqu'à 4,5 kilomètres d'altitude.

Poussé par les vents d'altitude, ce nuage a été rabattu vers le sud, provoquant d'importantes retombées de cendres.

Ces précipitations volcaniques ont d'ailleurs entraîné la fermeture préventive de l'aéroport international de Catane.

Durant ce paroxysme, un nouveau flux de lave a même débordé de la fracture pour se déverser directement à l'intérieur du cratère Nord-Est voisin.

 

4. La fin de l'éruption (6 > 7 juillet)

Comme souvent avec les épisodes paroxystiques de l'Etna, la baisse d'intensité a été rapide.

À partir du lundi 6 juillet dans l'après-midi, les explosions stromboliennes, le débit de la lave, et l'émission de cendres ont commencé à diminuer de manière graduelle.

Le système magmatique s'est rapidement dépressurisé.

L'éruption a finalement pris fin de façon quasi soudaine au début de l'après-midi du mardi 7 juillet, ramenant le calme sur les hauts plateaux du géant sicilien.

Source INGV


En savoir plus