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16/12/2020

Parmi les multiples manifestations du volcan Etna, l'activité épisodique des fontaines de lave, nommée "paroxysme", figure au rang des phénomènes naturels les plus impressionnants.

L'enchaînement tellurique survenu au mois de décembre 2020 illustre parfaitement le fonctionnement d'un grand cycle éruptif. 

Le présent document archive et décrypte le réveil de la zone sommitale, offrant une compréhension scientifique précise des coulées pyroclastiques et des modifications morphologiques du terrain.

Appréhender la puissance du géant sicilien te permet de mieux préparer ton exploration future.

1. La dynamique des paroxysmes volcaniques

Un paroxysme génère typiquement de hautes fontaines de magma, des coulées fluides se propageant très rapidement et des colonnes éruptives dépassant parfois 10 kilomètres d'altitude. Le phénomène provoque d'abondantes retombées de cendres et de lapilli sur les infrastructures environnantes.

Depuis les années 1970, des centaines d'épisodes similaires ont frappé le sommet du volcan. L'an 2000 a totalisé 66 événements majeurs, tandis que la période 2011-2013 en a compté 50 au niveau du cratère Sud-Est. Les épisodes hautement destructeurs de décembre 2015 et mai 2016 s'étaient quant à eux concentrés sur la Voragine.

 

2. L'évolution de l'activité au complexe Sud-Est

À l'été 2019, le cratère Sud-Est dominait l'activité globale. De l'automne 2019 au printemps 2020, la Voragine a pris le relais. Durant l'été et l'automne 2020, le magma s'est de nouveau concentré dans le complexe Sud-Est, générant une dynamique strombolienne modeste mais quasi continue. Le centre névralgique se situait au niveau d'un évent nommé "bouche de selle", positionné sur l'ancienne dépression morphologique séparant l'ancien et le nouveau cône.

Activité strombolienne à la bouche de selle du cratère Sud-Est, le soir du 25 juillet 2020.
Explosions stromboliennes à la bouche de selle du cratère Sud-Est (juillet 2020)

En septembre 2020, le cratère Nord-Est a relancé un processus intracratériel. En novembre, la Bocca Nuova (partiellement comblée par les laves récentes de la Voragine) s'est également réveillée. Au début du mois de décembre 2020, l'embouchure orientale du Sud-Est a repris un dégazage explosif silencieux depuis fin 2019.

Activité strombolienne produite par différentes bouches intra-cratère au fond du cratère Nord-Est, le 26 octobre 2020.
Activité produite par différentes bouches au fond du cratère Nord-Est (octobre 2020)
Activité strombolienne simultanée à la bouche de la selle (à gauche) et à l'est (à droite) le matin du 2 décembre 2020
Activité simultanée à la bouche de la selle et à l'embouchure est (décembre 2020)

3. La nuit du 13 décembre : fontaines et flux pyroclastiques

Après une forte baisse d'intensité enregistrée le 6 décembre, la soirée du 13 décembre a marqué une rupture sismique brutale. L'amplitude du trémor volcanique a soudainement grimpé, coïncidant avec une intensification extrêmement rapide des explosions à la "bouche de selle". Vers 23h00, le système a basculé vers un régime de fontaines de lave continues.

 

L'avancée des matériaux incandescents

Dès 23h15, une série d'effondrements sur le flanc sud du cône a déclenché trois coulées pyroclastiques successives (à 23h15, 23h16 et 23h30) orientées vers le sud-ouest. Le deuxième flux, particulièrement massif, a parcouru environ 2 kilomètres de distance, inondant le replat situé en amont du cône préhistorique du Monte Frumento Supino.

Parallèlement, deux fleuves de roche en fusion se sont déversés : le premier vers le sud (s'arrêtant près des ruines de l'ancienne Torre del Filosofo) et le second vers le sud-ouest (contournant le Monte Barbagallo formé lors de la crise de 2002-2003).

Trois phases paroxystiques distinctes se sont enchaînées tout au long de la nuit, superposant de multiples couches de matière incandescente fraîche sur le tracé du flux précédent.

Fontaines et coulées de lave lors de la deuxième phase paroxystique de l'épisode éruptif dans la nuit du 13 au 14 décembre 2020
Fontaines et coulées lors de la deuxième phase paroxystique de l'épisode nocturne
Aube 14.12.2020, faible activité strombolienne au cratère sud-est et la coulée de lave sur le flanc du cratère SE
Le front de lave refroidissant observé à l'aube du 14 décembre

4. Les altérations morphologiques du cratère

La fureur tellurique a profondément altéré la topographie locale. Les inspections menées par le personnel de l'Institut National de Géophysique et de Volcanologie (INGV) ont révélé un élargissement considérable de la "bouche de selle".

Le bord sud-ouest a subi une fracture structurelle profonde, prolongeant la cicatrice du glissement de terrain jusqu'à la base du cône.

Carte préliminaire du champ de lave et image thermique de la zone du sommet de l'Etna
Carte préliminaire du champ de lave établie par l'INGV via imagerie thermique

Les jours suivants, une émission presque ininterrompue de magma a maintenu le système sous une forte pression, générant de puissants rugissements audibles dans l'ensemble de la province.

L'étude rigoureuse de tels événements s'avère indispensable pour modéliser le comportement de la montagne et anticiper la trajectoire des futurs fluides magmatiques.

L'exploration scientifique avec Etna3340

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  • 🛡️ Une exploration authentique : Le concept de "Safari Jeep" relève d'une pure invention marketing. La pratique du hors-piste demeure strictement interdite par le Parc National. Le véhicule motorisé s'utilise uniquement comme taxi sur l'asphalte. L'approche véritable du cratère s'effectue à pied ou en e-bike.
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